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Positions philosophiques sur l'entendement - Varia

Sens philosophique : Faculté intellectuelle de comprendre, de saisir ce qui est intelligible, sans faire appel aux sensations et à l'imagination.

Sens courant : Aptitude de quelqu'un à pouvoir comprendre, juger la nature, la situation ou la signification de quelque chose. C'est une faculté de jugement sur nos perceptions.

Si je vois deux choses que je croyais identiques, être différentes sur tel ou tel aspect, je fais intervenir l'entendement pour savoir si j'ai affaire à une ou deux choses. Il permet d'identifier et/ou de distinguer.

 

Différence intellect / Entendement : Ce sont deux facultés de juger le sensible, ce qui vient des sens.
L'intellect tient de la pensée pure, des concepts et des formes universelles, qu'il saisit par intuition.
L'entendement est en rapport avec les jugements quotidiens, le visible et le matériel. Il juge des situations.
 

 

 

Héraclite : L'entendement unifie le divers. C'est ce qui permet la philosophie. Il s'oppose aux forces influençant les sens, l'imagination.

 

Héraclite et Parménide ont posé le problème de la durée et du changement, de l'éphémère et du permanent. Du même coup, de l'un et du multiple. Sans cette opposition fondamentale entre l'exigence d'identité de notre entendement d'un côté, et l'évidence de notre expérience quotidienne où nous ne voyons que changement d'un autre côté, le philosophe n'existerait pas. Platon s'est inspiré de ces deux grands penseurs.

 

Platon : Toujours il y a distinction / opposition entre l'entendement et les forces s'imposant aux sens.


Moyen-age : On utilisait la métaphore du soleil pour décrire l'entendement ominiscient et divin, percevant la situation de toute créature relativement à Lui, tel l'air à l'égard du soleil, sans pour autant participer de sa nature.

Descartes reprendra cette métaphore mais l'applique au rapport de l'entendement humain à ses objets. L'esprit humain ne varie pas selon l'objet connu.

 

Les empiristes voudront au contraire montrer les limites de la connaissance rationnelle, et les "illusions" de la métaphysique. Pour eux il n'y a pas d'unité de sens. Chacun voit et entend à sa façon. Donc l'entendement est déclassé comme faculté de confiance. Chacun possède le sien selon son expérience. L'esprit humain se verra limité. La raison ne peut plus prétendre à un savoir absolu, à la connaissance des principes ultimes. D'où il ne peut y avoir de dogmes et c'est à chacun de voir et de juger à partir de son propre entendement.

 

Pascal : Avec la volonté, l'entendement est ce qui nous permet de juger des principes et des axiomes. Il unifie ce que reçoit l'âme. Fonctionnant bien, il ne devrait consentir qu'aux vérités démontrées. Mais la majorité des hommes croient non par la preuve, mais seulement par l'agrément.

 

Descartes : Concevoir clairement est conditionné par l'entendement. Il est la puissance de concevoir. Les sens seuls ne peuvent concevoir clairement. C'est l'entendement qui nous permet de donner une identité aux êtres et aux choses, malgré leurs changements. Clairement signifie distinctement.

Dans la philosophie médiévale, comme chez Descartes, le jugement est le produit de l'action réciproque de l'entendement et de la volonté.

Juger vient de judi care : dire la loi (avoir une opinion plus ou moins juste de quelque chose).

"Notre imagination ni nos sens ne sauraient jamais assurer d'aucune chose si notre entendement n'y intervient".

L'erreur procède d'un défaut ou d'un manque de connaissance. Elle est imputable à la volonté qui se permet d'affirmer quelque chose alors qu'elle n'en a pas les moyens théoriques. D'où : éviter la précipitation. Lorsque l'entendement a fait la lumière sur une question, l'erreur est rectifiée et remplacée par une connaissance vraie.

 

Spinoza écrit le Traité de la réforme de l'entendement. : il commence par distinguer idée fictive, idée fausse et idée douteuse, pour finalement définir les "idées claires et distinctes".

 

Devise des lumières : Aie le courage de te servir de ton propre entendement (sape audere).

 

Bacon : Radicalise le doute méthodique de Descartes : le philosophe, jeté au milieu de l'univers, doit commencer par renoncer à toutes ses croyances ainsi que les notions qu'il s'est formées, pour se recréer, en quelque sorte, un entendement neuf; dans lequel il ne doit plus admettre que les idées précises, des notions justes, des vérités dont le degré de certitude ou de probabilité ait été rigoureusement pesé.

 

Littré : Entendement : L'esprit en tant qu'il conçoit.

 

Bossuet : L'entendement est la lumière que Dieu nous a donnée pour nous conduire.

 

Kant parle de l'Aufklärung ("entendre clair"), qui permet à l'homme de sortir de l'immaturité dont il est lui-même responsable. L'immaturité est l'incapacité d'employer son entendement sans être guidé par autrui. Cette immaturité n'est pas imputable au manque d'entendement, mais au manque de volonté, de courage d'y avoir recours sans la conduite des autres.

Pour lui le jugement est l'expression de la synthèse opérée par l'entendement (comme jugement déterminant).

C'est la faculté de relier le divers, les apparences, de les associer.

C'est la faculté d'entendre correctement ce qui est dit.

"Les lumières, c'est la sortie de l'homme de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable".

Pour Kant, l'entendement est la raison, mais limitée à la personne humaine. La raison en soi ne peut atteindre le réel, et ne sert qu'à s'en approcher. Pour comprendre le monde, l'homme dispose d'un entendement qui "prend ensemble" ce qui est séparé. Exemple : la relation de causalité qui relie A à B. C'est un principe de structuration humain et seulement humain.

La raison ne sert qu'à donner sens, structurer l'ensemble de ces subjectivités.