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« Le "Jugement Dernier", ne peut, ne pourra se faire, QUE sur les paroles dites en tous les temps par les hommes et les responsables des diffusions qui ont conditionné le monde, au TEST du Testament du Christ qui l'a ré-digé au commencement pour qu'en Fin il s'ouvrit et con-Fonde toute la Dispersion, cette "Diaspora" "tra-issante" ou trahissante à travers l'Ordre Divin de Rassemblement. Qui, quelle religion, quelle académie, quelle initiation, s'est voulue assez large de coeur et d'esprit pour rassembler toutes les brebis égarées de la Maison d'Israël, c'est-à-dire, non pas le pays des juifs, mais la Maison de Dieu qu'est le Verbe par TOUT : IS-RA-EL : "l'Intelligence-Royale-de Dieu", contre laquelle l'homme doit "lutter", "l'emporter" (de la racine hébraïque sârôh), ce qu'est en vérité l'antique Iswara-El, cette "Agartha" invisible, enfouie dans les profondeurs de la "Terre", c'est-à-dire de l'Homme, dans ses ténèbres. »

André Bouguénec, Entretien avec l'homme, article Qui est Judas ?

 

 

 

Roscelin et le nominalisme - Varia

Wikipedia
 
Doctrine

La pensée de Roscelin marque un changement important dans la philosophie médiévale ; il est en effet le premier nominaliste dont nous connaissions un peu la doctrine. Mais nous sommes surtout renseignés sur sa pensée par ses adversaires. Les premiers documents sur lui nous viennent de l'école du Bec entre 1089 et 1099 : un moine envoie une lettre sur Roscelin à Anselme (de Cantorbéry) (ce qui était une pratique de dénonciation assez courante).

Roscelin a soutenu la sententia vocum, i.e. la doctrine des mots : les genres et les espèces sont, comme le représente Anselme, dans son œuvre De Incarnatione Verbi, des flatus vocis (des émissions de voix), et non des choses, car les choses sont des individus réels. Ainsi, un individu particulier est-il réel, et le mot que l'on emploie pour le désigner désigne quelque chose de réel. En revanche, l'espèce homme n'existe pas.

Mais les conséquences de ce nominalisme vont s'avérer dangereuses. En effet, appliquée à la théologie, cette doctrine conduit à soutenir que les Personnes (le Père, l'Esprit, le Fils) sont trois choses différentes mais identiques par le pouvoir et la volonté, et incarnées dans le Fils et non une essence, ce qui revient à détruire la Trinité. Or, pour Anselme de Laon, cela revient à ne pas comprendre que les trois Personnes sont un Dieu et un seul, de même que plusieurs hommes sont un seul en espèce. Les nominalistes ne peuvent donc comprendre la Trinité. Il faut remarquer qu'Anselme ne dit pas que Roscelin applique le nominalisme à la théologie. Que Roscelin ait effectivement fait cela est un point qui reste assez douteux.

Mais quoi qu'il en soit, cette thèse théologique, attribuée à Roscelin, a d'abord été suspectée (à tort ou à raison, il est difficile de l'établir) par Anselme, car niant l'existence des substances universelles, elle reviendrait à admettre l'existence de plusieurs substances individuelles, donc de trois dieux ; ce qui est reproché à Roscelin, c'est son prétendu trithéisme (accusation reprise par Abélard, son ancien élève)

 

« Le clerc Roscelin affirme qu'en Dieu, les trois personnes existent séparément les unes des autres, comme trois anges, de façon toutefois que sa volonté et sa puissance soient unes, — ou que le Père et l'Esprit saint sont incarnés ; qu'on pourrait dire vraiment qu'il y a trois dieux, si l'usage le permettait. »

 

 

 

 ***

 

 

 
 
Roscelin de Compiègne a lancé un débat sur la mise en doute du sens du mot "Dieu". Trois choses particulières sont appelées "Dieu", donc le mot "Dieu" n'a qu'un sens pratique, et ne désigne pas une entité unique, et en fait il y a trois dieux. Pour Roscelin, la Trinité ne peut mener à un seul Dieu. S'il y a Trinité, c'est qu'il y a trois dieux. Ai je bien compris ? Ensuite ce débat s'inscrit-il dans la pratique de l'exégèse (c'est à mon sens une analyse critique du sens de l'Ecriture) ?
 

Je vais distinguer soigneusement trois niveaux : ce que Roscelin a probablement soutenu, ce que ses adversaires lui ont attribué, et la place exacte de ce débat par rapport à l’exégèse.

 
 

Anselme de Cantorbéry, principal adversaire théologique de Roscelin dans cette controverse.

Vous avez saisi la difficulté, mais vous radicalisez un peu la thèse

Roscelin semble bien avoir soutenu que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois réalités distinctestres res — ou trois « substances », comparables, selon le compte rendu polémique d’Anselme, à trois anges ou à trois âmes. Cette position paraissait conduire au trithéisme : si chacune de ces trois réalités est Dieu, pourquoi ne pas parler de trois dieux ?

Mais il faut introduire deux réserves importantes.

1. Roscelin ne dit probablement pas simplement : « Il existe trois dieux »

Son raisonnement paraît avoir été surtout commandé par le problème de l’Incarnation :

  1. seul le Fils s’est incarné ;

  2. si le Père, le Fils et l’Esprit sont numériquement une seule et même choseuna res ;

  3. alors cette chose unique s’est incarnée ;

  4. il faudrait donc dire que le Père et l’Esprit se sont incarnés avec le Fils ;

  5. puisque cela est exclu, les trois personnes doivent être trois réalités distinctes.

C’est donc d’abord pour protéger la distinction des personnes, et particulièrement le fait que le Fils seul s’est incarné, que Roscelin accentue leur séparation. Il aurait néanmoins maintenu entre elles une identité de volonté et de puissance, et il s’est aussi défendu en invoquant la formule grecque des « trois substances dans une seule essence ».

Sa position serait donc plutôt :

Il y a trois réalités divines distinctes, mais unies par l’essence, la volonté ou la puissance ; l’usage ecclésiastique nous fait dire « un seul Dieu », bien que la logique des termes semble permettre de parler de « trois dieux ».

C’est précisément cette manière de sauvegarder l’unité qui fut jugée insuffisante.

2. Il n’est pas certain qu’il ait réduit « Dieu » à un simple mot pratique

On associe souvent cette théologie au « nominalisme » ou, plus exactement, au vocalisme de Roscelin : seules les réalités particulières existeraient réellement, tandis que l’universel serait principalement une expression vocale. On en déduit alors :

  • le Père existe individuellement ;

  • le Fils existe individuellement ;

  • l’Esprit existe individuellement ;

  • mais leur caractère commun de « Dieu » ne serait pas une quatrième réalité réellement existante au-dessus d’eux.

Dans cette reconstruction, le mot Dieu fonctionne effectivement comme un terme commun attribué à trois individus. Mais les historiens soulignent que le lien exact entre le vocalisme de Roscelin et sa théologie trinitaire reste discuté. Nous connaissons surtout sa doctrine par ses adversaires, notamment Anselme ; son œuvre conservée est extrêmement réduite. On ne peut donc pas affirmer avec certitude qu’il disait : « La Trinité n’est qu’un mot » ou « Dieu n’est qu’une appellation pratique ».

Votre formulation serait donc plus juste ainsi :

Pour Roscelin, les trois personnes sont trois réalités particulières réellement distinctes. Le terme commun “Dieu” ne suffit pas, à lui seul, à établir qu’elles constituent numériquement une seule réalité. Sa position tend ainsi vers le trithéisme, même s’il paraît avoir voulu conserver une unité d’essence, de volonté ou de puissance.

Est-ce de l’exégèse ?

Au sens strict : non

L’exégèse biblique consiste normalement à expliquer un passage ou un ensemble de passages de l’Écriture : vocabulaire, contexte, sens littéral, sens théologique, rapports entre différents textes, etc.

Or Roscelin ne part pas principalement d’un verset qu’il analyserait philologiquement. Il ne demande pas, par exemple :

Que signifie exactement « le Verbe s’est fait chair » en Jean 1,14 ?

Il demande plutôt :

Que signifient les mots personne, substance, essence et Dieu, et quelles conséquences logiques découlent de leur emploi dans la doctrine trinitaire ?

Son travail appartient donc surtout à :

  • la théologie dogmatique, puisqu’il analyse la cohérence d’un dogme ;

  • la dialectique, puisqu’il examine les conséquences logiques des propositions ;

  • la grammaire et la sémantique, puisqu’il étudie ce que signifient les noms personne, substance et Dieu ;

  • l’ontologie, puisqu’il demande combien de réalités existent réellement.

L’étude moderne de la controverse montre précisément que les traditions grammaticales et dialectiques — Priscien, Porphyre, Boèce, Augustin — jouent un rôle essentiel dans l’argumentation.

Au sens large : oui, indirectement

Votre intuition reste cependant juste : cette controverse se trouve en aval de l’exégèse.

La doctrine de la Trinité résulte elle-même d’un travail ancien de mise en relation et d’interprétation des Écritures : l’unité de Dieu, la divinité du Fils, la distinction du Père et du Fils, l’Esprit, l’Incarnation du Verbe, etc. Roscelin reprend le résultat dogmatique de cette histoire exégétique et en soumet le vocabulaire à une analyse logique.

On pourrait donc distinguer trois étages :

Étage Question
Exégèse Que disent et signifient les textes bibliques ?
Théologie dogmatique Comment réunir ces textes dans une doctrine cohérente de la Trinité ?
Dialectique de Roscelin Les concepts employés dans cette doctrine sont-ils logiquement compatibles ?

Roscelin travaille principalement au troisième étage, tout en mettant en difficulté le deuxième. Il ne pratique donc pas exactement une exégèse critique de l’Écriture, mais une critique logico-sémantique du langage issu de l’exégèse et fixé par le dogme.

C’est même ce qui rend la controverse décisive : une analyse apparemment grammaticale — « que signifie le mot personne ? » — finit par poser une question métaphysique beaucoup plus radicale :

Lorsque l’Église dit « un seul Dieu », affirme-t-elle l’existence d’une réalité numériquement unique, ou rassemble-t-elle sous un même nom trois réalités distinctes ?