Académie métaphysique

 

Paroles

 

Accueil > Classement thématique > Philosophie > Philosophes > Platon / Platonisme

Tous les thèmes

 

 

« Le "Jugement Dernier", ne peut, ne pourra se faire, QUE sur les paroles dites en tous les temps par les hommes et les responsables des diffusions qui ont conditionné le monde, au TEST du Testament du Christ qui l'a ré-digé au commencement pour qu'en Fin il s'ouvrit et con-Fonde toute la Dispersion, cette "Diaspora" "tra-issante" ou trahissante à travers l'Ordre Divin de Rassemblement. Qui, quelle religion, quelle académie, quelle initiation, s'est voulue assez large de coeur et d'esprit pour rassembler toutes les brebis égarées de la Maison d'Israël, c'est-à-dire, non pas le pays des juifs, mais la Maison de Dieu qu'est le Verbe par TOUT : IS-RA-EL : "l'Intelligence-Royale-de Dieu", contre laquelle l'homme doit "lutter", "l'emporter" (de la racine hébraïque sârôh), ce qu'est en vérité l'antique Iswara-El, cette "Agartha" invisible, enfouie dans les profondeurs de la "Terre", c'est-à-dire de l'Homme, dans ses ténèbres. »

André Bouguénec, Entretien avec l'homme, article Qui est Judas ?

 

 

 

Qu'est-ce que le nominalisme ? - Dr Enyegue Abanda

Conférence Wafrica

Dr Enyegue Abanda (formé en France)

Le nominalisme est une doctrine selon laquelle les noms ne sont pas objets d'expérience.
Les concepts généraux n'ont de sens que parce que ce sont des noms. Ils ne sont pas susceptibles ni de démonstration ni d'application. 

Les sophistes ne croyaient pas en la réalité des concepts.
Prenant l'exemple d'un cheval, ils disaient par exemple qu'ils voyaient ce cheval-ci, et non pas la cabbaléité. C'est-à-dire l'essence du cheval. 
A partir de là, les termes généraux, les idées générales, n'ont pas de sens. 
Elles n'ont de sens que pour l'esprit, que pour le langage.
C'est cette attitude qu'on appelle le nominalisme.

C'est une attitude anti-idéaliste, c'est de penser que les notions générales, métaphysiques, sont creuses, ne sont pas objet d'expérimentation dans le concret. 

Cette théorie a donné naissance au constructivisme ou au conventionalisme. 


Au Moyen Age, Pierre Abélard (du Pallet), a conçu le réalisme modéré, cherchant à éviter les excès des deux positions. 
Il critique ainsi la position nominaliste : des thèmes généraux il n'y a rien à tirer. Car ces thèmes restent des outils du langage, servent à l'expression du langage. 
De même il voit que la réalité des idées ne peut pas être physique, tangible (comme le réalisme le prône dans sa version radicale).

L'attitude fondamentale qui s'oppose à l'idéalisme, c'est l'empirisme. 

Cette attitude se retrouve aussi chez Hobbes, avec sa philosophie du langage, des nominations, des désignations, où il est question de créer les choses en les appelant. Les noms sont des conventions. On crée une chose quand on l'appelle par son nom. C'est un constructivisme.

L'Ecole de Vienne va reprendre et accentuer le nominalisme des anciens. Ils cherchent à rejeter la métaphysique complètement. De recenser tout ce qui concerne la métaphysique et les concepts généraux et de les écarter de la science. Ceci pour unifier la science. La philosophie se mettant alors au service de la logique. 

Karl Popper va s'opposer à eux (dans "Misère de l'historicisme") pour dire qu'on ne peut pas se défaire de la métaphysique, qui fonde la science. Sans la métaphysique, la science elle-même est menacée de disparition. Pour lui ce qu'on peut rechercher dans les sciences n'est pas tant leur unification, que leurs points d'accord au niveau méthodologique. Il dit que toutes les sciences sont nominalistes et réalistes. Il prend l'exemple de notions comme la vitesse, l'énergie ou le mouvement. Ces notions ne signifient rien, mais peuvent signifier quelque chose que si on les expérimente, que si on effectue des opérations sur elles. En dehors de cela, ces termes ont la même charge sémantique que le mot "idée" ou le mot "absolu". 


- Question : qu'est-ce qu'un concept général ? 

Les concepts généraux ou termes généraux ou idées générales, sont des notions abstraites, capables de "contenir" un certain nombre d'applications, d'être objets d'un certain nombre d'applications concrètes, mais c'est un terme "surplombant", un terme unifiant, universalisant, englobant qui renferme un certain nombre de propriétés. 


Platon prend l'idée de chaise. Quand on dit "la chaise", on ne désigne pas une chaise particulière. C'est une idée générale.

- La chaise n'est pas représentée par ce que l'on voit, c'est le concept de chaise qui me renseigne sur la chaise.

Autrement dit, "la chaise" comme terme général représente un idéal régulateur, un idéal inatteignable, mais susceptible d'une infinité de représentations concrètes d'une chaise. On peut parler du tabouret, on peut parler du canapé, on peut parler de tous types de chaises, de la chaise style Louis XIV...

- Alors qu'en réalité si je veux me fier à une perception physique de la chaise, je risque de me tromper de définition de la chaise.
Il vaut mieux définir la chaise, telle que je l'entends dans ma tête. 

Le matérialiste se dit, la chaise, c'est celle que je vois, et rien d'autre. 

Pour Platon, c'est la vision des apparences, qui sont prises pour la réalité. 
La mission du philosophe est de remonter par lui-même au monde des idées, des essences intelligibles. 
Le philosophe doit aller vers l'abstraction, ce que tout le monde ne peut pas faire. 

- Des choses qu'on ne voit pas (les concepts), peuvent-ils exister ? Comment le montrer.

Les concepts généraux subsistent indépendamment de l'expérience. Même les nominalistes ou les empiristes se servent de concepts généraux avec lesquels ils procèdent à des désignations. 
Popper encore, montre que les concepts utilisés par la science, ne sont que des idées générales, avant de passer à la vérification, à la falsifiabilité. 

[Les idéologies sont infalsifiables car elles traitent ce qui les contredit, sans passer par la démonstration scientifique. C'est une attitude religieuse. Elles ne sont ainsi pas susceptibles d'être contredites.]

- Une chose peut-elle être désignée avant d'exister.

Une chose peut être désignée à deux niveaux. 

Une chose peut être totalement abstraite, spirituelle. Son nom relève alors de la convention. 
par exemple, quand on dit "Dieu", les esprits s'accordent. 

Ou elle peut exister d'une façon concrète. Quand on dit "voiture", tout le monde est d'accord, et sait de quoi il est question.

- Autre exemple : le temps. Existe sous une forme métaphysique, mais on a aussi réussi à le matérialiser, le rendre positif. 

- Nous sommes peut etre placés dans un monde où l'homme est obligé de créer ses propres concepts généraux, qui lui permettent de décrire un monde qui sans cela, serait comme noyé dans des détails infinis. 

C'est là où nous retrouvons Thomas Hobbes, qui dit que la notion d'infini, ne désigne que la capacité de l'homme, de désigner quelque chose d'indéfini. Or en parlant d'infini, il a déjà circonscrit, d'une certaine manière, le réel. 

C'est en nommant les choses qu'on les fait exister. 

Cela aboutit au constructivisme radical (Bouveresse) : l'homme est l'auteur de toutes choses qui existent. L'homme est la mesure de toutes choses. L'homme est au centre de tout. C'est l'anthropocentrisme radical. 
C'est même l'homme qui a créé Dieu.


Chez Hobbes aussi, on a le conventionnalisme. Tout est question de conventions. 
Quand l'homme décide d'appeler cette chose : "livre", alors cette chose entre à l'existence à ce moment-là, et les consciences s'accordent. Mais c'est purement construit. 


L'homme peut alors créer des concepts nouveaux et vouloir les imposer comme univesels. Ce qui est contradictoire. 
Ex : en politique. Ce ne sont que des opinions qui veulent s'imposer. 
Ex : démocratie, civilisation, perception de la liberté. Ce sont des représentations qui s'imposent. 

Ce sont les plus forts qui imposent leur langage aux autres, en disant : voici comment "ceci" va être appelé de tel ou tel nom.

 

- Le fait que malgré la différence de langues, les termes traduits se rapportent aux mêmes réalités, appuie la thèse de Platon, comme quoi il existe des concepts généraux primordiaux. 

La maïeutique sert à faire émerger cette unicité que nous avons oublié. 

Cela mène à l'essentialisme : unicité de l'essence humaine, malgré la diversité des conceptions. 

Jean-Jacques Rousseau va dire que malgré les apparents éloignements des civilisations entre elles, elles ont toutes des valeurs morales.