Partout où l'homme dirige son regard, sa pensée, son microscope ou télescope, partout s'offre à lui l'IN-FINI.
S'offrent à lui toujours une question, un pourquoi, alors vraiment, qu'est-ce qui est rationnel ? Bien sûr il faut se servir de ces mots, mais en connaissant les nuances vraies et éphémères dont il faut les doter.
Quoi, comment, pourquoi, qui, voilà les mots clefs qui feront d'un homme qu'il est rationnel. Vivre c'est avoir une raison d'avoir toujours sa raison insatisfaite, et, paradoxe, c'est cela le bonheur !
On ne raisonne pas un enfant sur un problème d'adulte parce qu'absolument inutile et néfaste. On fait en sorte que l'enfant assimile et applique au mieux de son âge tout ce qui correspond à sa capacité pour une progression plus rationnelle.
L'homme moderne en sait plus qu'il n'en peut faire, plus surtout qu'il n'en veut faire en ce qui concerne son être. Car ce ne sont pas les progrès scientifiques ni mécaniques qui le concernent d'abord mais son "moi", son être, son comportement, sa valeur intrinsèque, sa séduction morale.
La "dimension" terrestre de son existence n'est qu'une préparation, son programme d'éducation ne contient en réalité que des exercices plus que des vérités absolues. Toute connaissance humaine est une inconnaissance ! Elle s'implique d'ailleurs dans la logique de l'antagonisme et elle la fortifie. Peu importe qu'une raison expérimente une logique, faussement ; de toute manière celle-ci s'avèrera illogique par rapport à un autre stade qui survient, mais il faut, et c'est l'essentiel, qu'elle s'évertue.
Paradoxe ! C'est par l'erreur, une tromperie utilisée, un leurre que la clairvoyance se développe, s'accentue sur des vérités évolutives ou différentes. Il... résulte de tout cela, non pas tellement l'importance d'une Connaissance absolue, réelle, mais "ce" qui était provoqué pour l'homme mobilisé en exercices de savoir : une ouverture d'esprit, de plus en plus vaste, une disponibilité préparée à toute éventualité surprenante pour d'autres dimensions hors la Terre et son corps actuel et une potentialité créative qui lui reste.
Me fais-je bien comprendre, ami ? Ce qui importe essentiellement pour l'homme c'est l'actualisation de son être. Tout le reste n'est que prétextes au seul développement de sa passion... d'AIMER tout ce qui est beau et Bien.
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La pédagogie, l'initiation, l'éducation ne prouvent-elles pas qu'il faut toujours jouer un jeu différent de ce qu'on est pour "imager" un processus qui mène non seulement à une progressivité de savoir mais parallèlement pour susciter des valeurs qui, forcément, par cumul, monteront jusqu'à devenir étrangères, parce que désormais incomparables, aux germes originels.
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SI, un instinct insondable, ne le portait malgré lui à aimer la vie, à la garder, à aimer et se sentir aimer et cela à tous les stades physiologiques de son être, si un instinct de progressivité de toute sorte ne le poussait à faire "comme si" il n'avait pas de fin. Car, voyez l'absurdité, d'une morale de l'effort pour les générations futures, puisque de toute manière ce ne seraient que générations de morts. "Laisse les morts enterrer leurs morts"...
- Je suis de votre avis. La Bible est le livre du Mensonge. Mais un mensonge cache forcément une vérité qu'on ne veut pas dire ou même qu'on ne sait pas, mais qu'on suppose. Quant aux Evangiles et à ses Apocryphes, vous ne pouvez pas les comparer à l'Ancien Testament. Bien qu'il s'y cache des choses, le mensonge est devenu parabole. Mais je pense que la parabole est la seule méthode de révélation progressive à l'introspection pour une multitude de cervelles extrêmement différentes. Or il faut que la parabole ne fasse pas de mal comme une Vérité incomprise, elle sera donc toujours prise comme il faut à la mesure même de l'intellect qui la reçoit...
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Puisque vous aimez la Nature et que vous êtes questeur, j'espère que les plantes et les insectes vous posent innombrables problèmes, plus fantastiques, plus mystérieux même que ceux de nos origines. Car, si l'Homme se cherche, la plante, la cellule, l'insecte se sont trouvés = ils sont parfaits, équilibrés, géniaux, rationnels, etc... Ils seraient plus évolués que nous ! Dérision ! L'Homme intelligent et prétentieux est bafoué par la matière, la plante, l'insecte. Pour son progrès scientifique il est même bien heureux de découvrir chez les animaux des systèmes extraordinaires qui résolvent des problèmes mécaniques ou scientifiques. Bref... Tout est remarquable et admirable, quel Amoureux Hasard s'est évertué à nous plaire et nous distraire sinon à nous aider, nous nourrir, nous apprendre à jouir du sentiment du beau, de l'amour, etc... ?
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Vous ne croyez pas que tous les sacrilèges des progrès scientifiques n'ont pas couté la vie à beaucoup ? Que les progrès de la science n'ont pas et ne provoquent pas encore l'immense choc en retour de cette Magie qui tue, intoxique, rend fou, détraque, empêche de vivre, suscitent les ambitions guerrières ?! Je m'aperçois que ce qui découle du progrès scientifique est surtout un intérêt démesuré de possession, de force, d'orgueil. Et il en sera ainsi tant que l'homme n'aura pas percé le voile de sa raison d'être, tant qu'il n'aura pas la conviction d'un autre idéal qui chemine de la matière à l'esprit. Reconnaissez, ami, que les premières travées d'un pont se manifestent à nous, bizarrement certes, de notre dimension à une autre. Mais ce n'est pas pour autant que cette autre dimension ne soit que l'Eden, il y a sans doute deux ponts et chacun mène selon la valeur du pèlerin à ce qui lui est particulièrement cher.
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Transmutation possible à l'image même des progrès qu'il inculque plus facilement à ses techniques, mécaniques, etc... qu'à lui-même. Lorsqu'il y a un abîme entre l'énorme progrès scientifique et l'abêtissement de l'intelligence humaine déréglée, tous les deux tombent dans l'abîme, dans l'oubli... pour recommencer plus tard, autrement...
Je crois, Robert, que le maniement des techniques et des Sciences sont capables de rendre l'homme intelligent, mais c'est dangereux, à double tranchant. Comment faire autrement ? Regardez, tant qu'on n'insuffle pas aux peuplades [...] des idées savantes, elles ne progressent JAMAIS. [...]. Sans intérêts, que pour le folklore. Et cela, voyez-vous, prouve qu'ON tire les ficelles du Monde. Mais la marionnette, dès qu'elle a une pétoire due à son intelligence, ce n'est pas pour faire, mais pour défaire.
Nous arrivons au point de saturation, l'intelligence est telle que son bon sens peut le sauver de son orgueil ou le détruire. Il y aura récolte pour certains "cultivateurs", ou alors ils devront encore re-susciter une nouvelle tentative avec programme, essais, expériences.