Académie métaphysique

 

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« Le "Jugement Dernier", ne peut, ne pourra se faire, QUE sur les paroles dites en tous les temps par les hommes et les responsables des diffusions qui ont conditionné le monde, au TEST du Testament du Christ qui l'a ré-digé au commencement pour qu'en Fin il s'ouvrit et con-Fonde toute la Dispersion, cette "Diaspora" "tra-issante" ou trahissante à travers l'Ordre Divin de Rassemblement. Qui, quelle religion, quelle académie, quelle initiation, s'est voulue assez large de coeur et d'esprit pour rassembler toutes les brebis égarées de la Maison d'Israël, c'est-à-dire, non pas le pays des juifs, mais la Maison de Dieu qu'est le Verbe par TOUT : IS-RA-EL : "l'Intelligence-Royale-de Dieu", contre laquelle l'homme doit "lutter", "l'emporter" (de la racine hébraïque sârôh), ce qu'est en vérité l'antique Iswara-El, cette "Agartha" invisible, enfouie dans les profondeurs de la "Terre", c'est-à-dire de l'Homme, dans ses ténèbres. »

André Bouguénec, Entretien avec l'homme, article Qui est Judas ?

 

 

 

Complot et procès truqué pour supprimer l'Ordre du Temple - Encyclopédie théologique de l'Abbé Migne

TEMPLIERS : PROCES TRUQUE

TEMPLIERS, ordre militaire, établi à Jérusalem vers l'an 1118. Neuf personnes zélées pour la gloire de Dieu, et touchées des cruautés qu'exerçaient les infidèles à l'égard des pèlerins qui allaient à la Terre-Sainte, formèrent le projet d'une société religieuse et militaire qui devait avoir pour but de défendre les pèlerins et de veiller à la sûreté des chemins qui conduisaient à Jérusalem. Ils en furent eux-mêmes les premiers membres, et se lièrent par les vœux de religion, qu'ils prononcèrent en présence du patriarche de Jérusalem. Baudouin II, charmé du zèle et de la piété de ces nouveaux religieux, leur donna une maison à Jérusalem, auprès du temple ; d'où ils prirent le nom de Templiers, ou de chevaliers du Temple. Ils n'eurent d'abord d'autres fonds pour subsister que les bienfaits qu'ils recevaient du roi, des prélats et des seigneurs ; mais ces bienfaits se multiplièrent tellement, que les chevaliers acquirent bientôt d'immenses revenus. Avec les richesses, ils reçurent les vices qui les accompagnent ordinairement ; et ils devinrent aussi odieux par leur orgueil et par leurs brigandages, qu'ils s'étaient autrefois rendus recommandables par leur zèle et par leur piété. En 1307, deux chevaliers, atteints et convaincus de plusieurs forfaits, entre autres, du crime d'hérésie, ayant été condamnés par le grand maître à finir leurs jours en prison, firent dire à Enguerrand de Marigny, surintendant des finances, que, si l'on voulait leur promettre la liberté et leur assurer de quoi vivre, ils découvriraient des secrets dont le roi pourrait tirer plus d'utilité que de la conquête d'un royaume. Ces deux misérables parurent mériter l'attention du ministère. Ils firent un affreux détail de toutes les infamies et abominations qui se commettaient, disaient-ils, dans leur ordre, et dont eux-mêmes avaient été les témoins et les complices. Sur les dépositions de ces deux hommes, tous les Templiers qui se trouvèrent en France furent arrêtés le 13 Octobre de la même année. L'affaire fut poussée avec vigueur par Guillaume Nogaret et un dominicain nommé Imbert, confesseur du roi, et revêtu du titre d'inquisiteur.

On fit des informations de tous côtés, et bientôt l'on n'entendit plus parler que de chaînes, de cachots, de bourreaux et de bûchers. On attaqua jusqu'aux morts : leurs ossements furent déterrés, brûlés, et leurs cendres jetées au vent. On accordait la vie et des pensions à ceux qui se reconnaissaient volontairement coupables; on livrait les autres aux tortures. Plusieurs, qui n'auraient pas craint la mort, épouvantés par l'appareil des tourments, convinrent de tout ce qu'on leur disait d'avouer. Il y en eut aussi un grand nombre dont la constance né put être ébranlée, ni par les promesses, ni par les supplices. On en brûla cinquante-quatre derrière l'abbaye de Saint-Antoine, qui tous, au milieu des flammes, protestèrent de leur innocence jusqu'au dernier soupir. Le grand maître, Jacques Molay (qui avait été parrain d'un des enfants du roi Philippe le Bel) ; Gui, commandeur d'Aquitaine, fils de Robert II et de Mahaut d'Auvergne, et frère du dauphin d'Auvergne ; Hugues de Péralde, grand prieur de France, et un autre dont on ignore le nom, après avoir été conduits à Poitiers devant le pape, furent ramenés à Paris, pour y faire une confession publique de la corruption générale de leur ordre. Ils en étaient les principaux officiers ; et comme Philippe le Bel n'ignorait pas qu'on disait hautement que les richesses immenses que les Templiers avaient apportés d'Orient, et dont il voulait s'emparer, étaient la véritable cause de la persécution qu'ils essuyaient, il espérait que cette cérémonie en imposerait au peuple, et calmerait les esprits effrayés par tant et de si horribles exécutions dans la capitale et dans les provinces. On les fit monter tous les quatre sur un échafaud dressé devant l'église Notre-Dame. On lut la sentence qui modérait leur peine à une prison perpétuelle. Un des légats fit ensuite un long discours, où il détailla toutes les abominations et les impiétés dont les Templiers avaient été convaincus, disait-il, par leur propre aveu ; et afin qu'aucun des spectateurs n'en pût douter, il somma le grand maître de parler, et de renouveler publiquement la confession qu'il avait faite à Poitiers... « Oui, je vais parler, dit cet infortuné vieillard, en secouant ses chaînes et s'avançant jusque sur le bord de l'échafaud. Je n'ai que trop longtemps trahi la vérité. Daigne m'écouter, daigne recevoir, ô mon Dieu, le serment que je fais ; et puisse-t-il me servir, quand je comparaîtrai devant ton tribunal. Je jure que tout ce qu'on vient de dire des Templiers est faux ; que ce fut toujours un ordre zélé pour la foi, charitable, juste, orthodoxe, et que, si j'ai eu la faiblesse de parler différemment, à la sollicitation du pape et du roi, et pour suspendre les horribles tortures qu'on me faisait souffrir, je m'en repens. Je vois, ajoutât-il, que j'irrite nos bourreaux, et que le bûcher va s'allumer. Je me soumets à tous les tourments qu'on m'apprête, et reconnais, Ô mon Dieu! qu'il n'en est point qui puisse expier l'offense que j'ai faite à mes frères, à la vérité et à la religion... »

Le légat, extrêmement déconcerté, fit remmener en prison le grand maître et le frère du dauphin d'Auvergne, qui s'était aussi rétracté. Le soir même, ils furent tous les deux brûlés vifs et à petit feu, dans l'endroit où est aujourd'hui la statue de Henri IV. Leur fermeté ne se démentit point. Ils invoquaient Jésus-Christ, et le priaient de soutenir leur courage. Le peuple, consterné, et fondant en larmes, se jeta sur leurs cendres et les emporta comme de précieuses reliques. Les deux commandeurs, qui n'avaient pas eu la force de se rétracter, furent traités avec douceur. Mézerai rapporte que le grand maître ajourna le pape à comparaître devant le tribunal de Dieu dans quarante jours, et le roi dans un an. Si cet ajournement est vrai, ce fut une prophétie que l'événement vérifia. A l'égard des deux scélérats qui occasionnèrent toute cette procédure, le premier périt dans une mauvaise affaire ; et l'autre, nommé Noffodei, fut pendu pour quelques nouveaux crimes.

Les Templiers furent aussi poursuivis en Italie, en Espagne et en Angleterre, mais avec moins de rigueur qu'en France. Enfin, dans un concile tenu à Vienne en 1311, leur ordre fut entièrement supprimé par le pape Clément V. Leurs biens furent unis à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à l'exception de ceux des Templiers d'Aragon et de Portugal, qui furent donnés, les premiers à l'ordre de Calatrava, les seconds à l'ordre de Christ.

Les Templiers ont été diversement jugés par les écrivains anciens et modernes. Saint Bernard, moins d'un siècle avant leur condamnation, en fait un magnifique éloge. « Ils vivent, dit-il, sans avoir rien de propre, pas même leur volonté ; ils sont pour l'ordinaire vêtus simplement et couverts de poussière ; ils ont le visage brûlé des ardeurs du soleil, le regard fixe et austère. A l'approche du combat, ils s'arment de foi au dedans et de fer au dehors; leurs armes sont leur unique parure, ils s'en servent avec courage dans les plus grands périls, sans craindre ni le nombre, ni la force des barbares. Toute leur confiance est dans le Dieu des armées, et en combattant pour sa cause, ils cherchent une victoire certaine ou une mort sainte et honorable. O l'heureux genre de vie, dans lequel on peut attendre la mort sans crainte, la désirer avec joie, et la recevoir avec assurance »